Critique : Fantastic Beasts And Where To Find Them

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Cinq ans après le dernier film, avec une fanbase pourtant toujours aussi présente, l’univers d’Harry Potter nous revient sous la forme d’un film adapté d’un des livres de Rowling : Fantastic Beasts And Where To Find Them. Avec J.K. Rowling elle-même au scénario et David Yates à la réalisation, on découvre au compte-gouttes, au fil des mois, une foisonnée d’images et d’éléments d’un film pourtant encore mystérieux. Avec Eddy Redmayne (The Dannish Girl, The Theory of Everything), Colin Farrell (In Bruges, The Lobster), Ezra Miller (The Perks of Being A Wallflower, We Need to Talk About Kevin) ou encore Ron Perlman (Sons of Anarchy, Hellboy) au cast, tous les éléments étaient réunis pour que ce film soit exquis.

Et ne nous mentons pas, il y avait un double challenge pour ce film. D’un côté, il y avait des millions de fans dans l’expectative et attendant d’être ébahis et, d’un autre, il y avait toute une saga aussi bien littéraire que cinématographique derrière qui mettait en quelque sorte la pression. Fantastic Beasts - Katherine&EddieEn prenant Yates à la réalisation, la Warner Bros s’est plus ou moins assurée ses arrières au niveau visuel, ce dernier étant le réalisateur des quatre derniers films de la saga Harry Potter. C’était même un choix judicieux de leur part, car Yates avait su cristalliser l’essence même de la part d’ombre de l’univers de la saga, surtout sur les derniers volets, beaucoup plus sombres, plus adultes. À côté, on a J.K. Rowling au scénario, son tout premier scénario adapté d’un des livres qu’elle a elle-même écrit. Ce qui était au départ un simple bestiaire est au final devenu, spoiler alert, un fabuleux film. Elle a agréablement surpris les fans dans son aptitude à non seulement créer quelque chose de fantastique au niveau littéraire mais aussi au niveau cinématographique.

En effet, elle a su exploiter assez bien les codes du cinéma ou tout du moins, de l’écriture au cinéma. Car ne l’oublions pas, Rowling est avant tout issue du monde littéraire. Et le scénario du film, même s’il n’est pas parfait, notamment à cause de quelques éléments sur lesquels nous reviendrons, reflète ses capacités d’auteure à captiver son public, ses lecteurs. Avec Fantastic Beasts And Where To Find Them, on assiste un peu à un conflit entre ce qu’on connaissait de l’univers des sorciers anglais à celui des américains, comme un choc de cultures. Yates et Rowling avaient comme défi de nous faire voyager dans un pays qui est encore jeune, une communauté magique qui reste extrêmement conservatrice dans ses valeurs, un peu comme l’Amérique elle-même au final.

“My philosophy is that Worrying means you suffer twice.”

Et là pour le coup, au niveau visuel, c’est vraiment le clash des titans. L’avantage que ce film a sur la saga Harry Potter, c’est qu’on suit des adultes, qui pour la plupart ont terminé leur formation magique et qui sont dans la vie active. Fantastic Beasts - MACUSA Et c’est intéressant de voir les magiciens utiliser le transplanage dans leur vie quotidienne ou en pleine action (mention spéciale aux déplacements sur les toits) ou encore voir Queenie, une Legilimens, utiliser ses capacités de façon intempestive voire même innocente. Et c’est ce qui avait manqué dans les Harry Potter. Évidemment, on a eu doit à des brosses volantes qui faisaient la vaisselle dans le deuxième film, mais hormis ça ? Donc c’est en soi un élément assez rafraîchissant pour le fan.

Toutefois, si sur le niveau visuel c’est positif, pour l’histoire, c’est un peu plus compliqué. Certes ce film introduit la quintologie du spin-off, mais là où les Harry Potter avaient les livres comme support à l’histoire, pour Fantastic Beasts nous n’avons que le scénario original. Et ça nous laisse un peu dubitatifs, sur certains points. En effet, on commence le film avec des articles de journaux parlant de Gellert Grindelwald, de la zizanie qu’il sème autour du monde… Et puis c’est tout, on ne le revoit pas. Ou pas avant la fin du film tout du moins, pour dire trois lignes et demi et se faire capturer. À côté de ça, on retrouve d’autres éléments assez parsemés, comme ça. Et peut-être est-ce simplement dû au montage, mais la scène de la distribution de nourriture aux enfants par les Fidèles de Salem n’apporte que très peu scénaristiquement parlant, tout comme la scène dans le bureau de Tina au MACUSA, suite à la ‘capture’ de Newt pour détention illicite d’animaux magiques, si ce n’est peut-être pour introduire la situation de cette dernière et la ‘présentation’ de Percival.

Cependant, et sur une note pluspersonnelle, j’ai particulièrement bien aimé la scène où Newt s’occupe des animaux dans sa valiseFantastic Beasts - Bowtruckle, avec l’aide de Jacob le moldu. Donc même si l’histoire reste prévisible sur sa forme, elle n’en est pas moins bien et assez plaisante en réalité, avec ses petits défauts. La fin m’aura tout de même assez déçu car on assiste à l’exécution d’un Creedence assez maltraité tout au long de sa vie, ne demandant que de l’aide, aide que Newt est prêt à apporter, mais… non. Et c’est là qu’on peut peut-être retrouver Rowling tuant ses personnages sans scrupules. J’ai aussi particulièrement apprécié le jeu d’acteur d’Eddie Redmayne et de Colin Farrell, qui ajoutent un cachet à tout ça. La gestuelle de Redmayne, la façon dont il module sa voix pour créer le personnage chétif de Newt et le sérieux, presque même malvaillant de Farrell dans sa vision de Percival sont des éléments autorisant la sympathatie ou même la fascination pour ces personnages.

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C'était Gurdil Cul-Brillant pour Screen Addicts, à vous les studios.

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