Test : Hyper Light Drifter, sombre histoire aux pixels clairs

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Sorti le 31 mars 2016, Hyper Light Drifter est un jeu rétro dont la sombre histoire contraste avec les couleurs vives du monde que l’on explore. La cinématique d’introduction donne déjà le ton : une ville au loin qui explose, probablement la fin d’un monde. Ensuite, des images funestes défilent, accompagnées d’une bande-son particulièrement bien choisie (réalisée par Disasterpeace) qui nous plonge dans un mélange étrange de malaise et de plénitude. 24 150 personnes ont pensé que ce jeu en valait la peine. En effet, le compteur du Kickstarter d’Hyper Light Drifter a explosé pour atteindre 645 158 $. C’est parti pour une expérience hardcore.

Il suffit de jeter un œil sur quelques images du jeu pour comprendre que l’on n’est pas devant une grosse production au budget exorbitant. Et pourtant, le studio Heart Machine nous livre une petite merveille. Pas besoin de moteur graphique surpuissant pour nous emmener dans une envolée lyrique 100% visuelle. Après quelques secondes de cinématique, on comprend tout de suite qu’il s’agit là d’une expérience tout à fait particulière. Le jeu parvient à faire passer une large palette d’émotions avec des graphismes rétro. Tout le génie d’Hyper Light Drifter est là.

Hyper-Light-Drifter2Ni dialogues, ni paroles. Les images et la bande-son sont tout ce dont on dispose pour comprendre le monde que l’on s’apprête à parcourir. Il faudra donc faire appel à nos facultés interprétatives pour comprendre exactement de quoi il retourne. Une ville éloignée, une explosion, des cadavres, des êtres étranges et une flopée de questions qui viennent nous tarauder, le tout sur une bande-son à la fois simple et grandiose qui parvient à nous immerger instantanément. Que s’est-il passé ? Qui est cet avatar si énigmatique ? Pourquoi a-t-il l’air d’avoir un rhume en phase terminale ? Aucune information ne vous sera donnée. Hyper Light Drifter est une expérience 100 % visuelle, au cours de laquelle le joueur est lâché dans une nuée de pixels.

On progresse dans un monde en ruine. On devine quelques immeubles sur lesquels la nature a repris ses droits. Il en va de même pour ce qui semble être des robots géants (ceux de la cinématique). Leur immense silhouette est d’ailleurs déroutante. On comprend qu’ils sont peut-être la raison de la fin du monde et pourtant, ils sont là, immobiles, couverts de feuilles et de rouille, dans le calme le plus total. Cela suffit à susciter un mélange de malaise et d’admiration. Le passé violent de ce monde ne se devine que dans un bruissement de feuilles ou dans le chuchotement du vent.

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Un Zelda-like en bonne et due forme ?

La vue du dessus est déjà un bon indice quant à l’orientation qu’a prise Heart Machine. Mais c’est vraiment une fois la manette en main que l’on en a la certitude : oui, Hyper Light Drifter est un descendant de Zelda. Mais a-t-il su renouveler le genre pour autant ? Quelques pressions sur les boutons histoire de comprendre comment le jeu fonctionne et c’est parti. Ici, pas de tutoriel ! Il y a bien quelques conseils de-ci de-là, mais ça ne va pas plus loin. Des explications seraient de toute manière superflues car les mécaniques de jeu sont limpides.

Un bouton pour les coups d’épée, un autre pour le dash. On trouve ensuite une arme à feu et les touches qui lui sont octroyées. Les déplacements et les coups étonnent par leur vivacité. Le gameplay pétulant tranche vraiment avec l’ambiance générale. On évolue dans un monde plein d’oppositions et d’émotions contradictoires. Au départ, on se laisse emporter par les paysages. Les premières rencontres avec des ennemis sont relativement accessibles ; quelques coups d’épée et c’en est terminé. Tout se passe dans le plus grand calme. À première vue, tout roule, mais c’est par la suite que l’on prend vraiment conscience de ce qui nous attend. Ce jeu n’est pas seulement l’héritier de Zelda, mais aussi un descendant diabolique et sadique de la série des Dark Souls.

Kangourou Jack dans ta face

Hyper Light Drifter 5Les ennemis, les plantes, les pièges en tout genre, les trous, tout veut votre mort. Si au début on devait faire face à deux ou trois ennemis, il faudra ensuite combattre jusqu’à plusieurs dizaines de monstres à la fois. Les erreurs ne pardonnent pas. Ici, pas de frame d’invincibilité après un hit, ce serait trop facile. On se retrouve alors parfois à ne plus savoir que faire, tandis que des grenouilles ninja nous refont le faciès à coup de shurikens, ou encore, tandis que l’on est en train de rebondir dans 36 000 pièges trop près les uns des autres.

La difficulté peut d’ailleurs sembler parfois inégale. On peut ainsi jouer pendant 15 minutes sans rencontrer le moindre problème et puis soudain, se faire laminer sans trop comprendre pourquoi. Mais pas de panique, chaque ennemi a un pattern bien défini. Après tout, c’est la base de tout bon Die and Retry qui se respecte. Après quelques essais et un peu d’analyse, on parvient à s’en sortir (il n’empêche que, par moment, j’ai eu envie de bouffer ma manette). Les fans de jeux rétro hardcores ne seront pas déçus. Dans Hyper Light Drifter, on vous offre un paysage idyllique parsemé de magnifiques fleurs colorées d’une main, et un gros coup de machette de l’autre. Pendant les combats, pas le temps de se poser de question, il faut que ça bouge, que ça frappe, que ça tranche, que ça explose, que ça meure, QUE ÇA DISPARAISSE DE LA SURFACE DE LA TERRE ! Hum hum, pardon, bref, c’est dynamique.

Hyper-Light-Drifter4Le bestiaire est quant à lui très bien fourni. Notre avatar découpe tout ce qui passe à portée de son épée. Des grenouilles ninja, des grenouilles pas ninja, des monstres étranges, des golems de cristal, des oiseaux qui lancent des lasers, des grenouilles qui lancent des lasers, des loups qui lancent des lasers, des tourelles qui… bref, ça part dans tous les sens. Au départ, le bestiaire donne l’impression d’être un beau foutoir sans queue ni tête mais c’est sa variété qui lui donne son équilibre. Les attaques des différents types de monstres sont variées et demandent à chaque fois une réelle adaptation sans jamais donner une impression de déjà-vu. Les patterns sont assez complexes et présentent un vrai défi pour les plus acharnés d’entre nous.

À la croisée des genres

Hyper Light Drifter est donc un mix de plusieurs genres : aventure, exploration, RPG, etc. Descendant de Zelda dans son côté aventure, de Dark Souls dans sa difficulté, le jeu n’a pas  vraiment d’ancêtre dans son côté RPG.

On trouve bientôt des sortes de puces jaunes un peu partout et, bien sûr, on ne sait pas du tout à quoi elles servent. Si au départ ça nous démange de connaitre leur utilité (des puces… puces, démanger, toussa toussa, #BlaguedeL’année), on comprend vite qu’elles servent à faire progresser notre avatar. En se rendant auprès de certains PNJ, notre héros a la possibilité de gagner certains skills à l’épée, d’améliorer son dash ou ses armes à feu. Cependant, le côté RPG n’est pas plus fouillé que ça. Mais pas de panique, ce petit défaut est largement rattrapé par le côté aventure et par le défi que représente Hyper Light Drifter.

APERÇU DE REVUE
Note
8.5/10
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