Critique : La Folle Histoire de Max et Léon

0

Ceux que l’on désigne parfois comme les dignes héritiers des Inconnus ont finalement fait leur entrée au cinéma. Au programme : croix gammées, chansons et travestissement. Les ingrédients d’un film culte ?

Max et Léon sont deux tire-au-flanc qui coulent des jours paisibles dans leur petit patelin. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, les deux individus n’auront de cesse de se retrouver dans des situations rocambolesques alors même qu’ils tentent d’échapper au front par tous les moyens.

Passer du petit au grand écran, de YouTube aux salles obscures, c’était un pari risqué et d’autres s’y sont collés avant eux. Pourtant, le Palmashow s’en sort bien, et mieux encore, ils livrent un film divertissant à souhait, une grande comédie d’aventures à la française, un genre qui se fait beaucoup trop rare et qui pourtant fait beaucoup de bien en ces périodes tourmentées.
L’influence des comédies cultes (La Grande Vadrouille, La 7ème Compagnie) est bien sûr flagrante, et montre que Grégoire Ludig et David Marsais connaissent non seulement leurs classiques, mais ont en plus été capables de s’en défaire afin de créer leur propre sphère comique dans un univers qui leur ressemble.

max-et-leon-palmashow-16-youtube-palmashowEn partant du principe que l’appréciation d’une oeuvre n’est jamais à 100% objective, elle le devient encore moins lorsqu’on est un admirateur des précédents travaux des artisans du film.
C’est l’idée motrice de cette critique de Max et Léon. Le Palmashow a son humour bien à lui, un mélange de potache et de subtilité inégalable et inégalé, le tout accentué par deux têtes de vainqueurs qui ne laissent pas de marbre. On aime ou on aime pas. Quoiqu’il en soit, c’est cet humour, qui, comme dans leurs sketchs, va parcourir le film de long en large, et résultat : ça fonctionne. On aurait facilement pu tomber dans le banal film à sketchs dirigé par un maigre fil rouge sans intérêt, une succession de gags sans queue ni tête, mais non. L’histoire est fluide et limpide comme une rivière et le Palmashow y mène sa barque avec succès.

Les puristes du duo ou même les simples spectateurs friands de l’humour 2.0 y trouveront leur compte à coup sûr : entre la multitude de seconds rôles venus du net et les subtils clins d’œil parsemés dans le film, il y a de quoi être comblé. Ceci dit, on ne tombe jamais dans le fan-service, les seconds couteaux étant utiles à l’histoire ou aux gags, un spectateur étranger à cet univers a le droit de rire aussi, même en passant à côté de petites subtilités.

Pour revenir au centre de l’oeuvre, à savoir Max et Léon, ils ne sont à aucun moment à prendre au sérieux. Partageant rarement un plan l’un sans l’autre, ils sont à priori sans grande épaisseur psychologique puisque l’un est un séducteur de comptoir et l’autre un âne paresseux. Une amitié à toute épreuve semble les lier et s’ils n’ont rien de véritablement attachant au premier abord, il est indéniable qu’ils vont vous manquer dès le générique de fin. Deux idiots pour qui on se prend bêtement d’affection, voilà l’un des tours de force de cette folle histoire. À croire que ces deux-là auraient dû se mettre au 7ème art bien plus tôt.

lafollehistoiredemaxetleon01Quant à Jonathan Barré, l’acolyte discret du Palmashow, il se débrouille bien à la barre. Réalisateur de la majorité des sketchs du duo, on voit qu’il a taffé dur pour livrer des images de qualité dans un style qui ne soit pas trop fade. On saluera son travail sur sa première oeuvre cinématographique, puisqu’à défaut d’être irréprochable, elle est franchement soignée. Les décors et costumes de guerre sont plutôt louables, le film ne bénéficiant pas d’un budget colossal, on sent que l’argent a bien été réparti.

Enfin, il faut bien en parler, le film est parsemé de trouvailles ingénieuses et accessoirement hilarantes. Pour vous laisser le plaisir de la découverte, je ne fais ici qu’évoquer ces trouvailles et vous conseille vivement de surveiller ce qui se passe à l’arrière autant qu’à l’avant-plan tout au long de l’histoire.

APERÇU DE REVUE
Note
PARTAGER
Article précédentCritique : L’Invitation
Prochain articleCritique : Fantastic Beasts And Where To Find Them

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here