Critique : Le chasseur et la reine des glaces

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Ambiance froide mais par moments colorée, combats et histoire d’amour impossible. Méchantes reines, pouvoirs magiques et trahison. Des mots qui résument Le chasseur et la reine des glaces, film aussi captivant que Blanche-neige et le chasseur pour les amateurs de fantastique. Surtout quand la belle Ravenna (Charlize Theron) nous présente sa sœur, Freya (Emily Blunt)…

Le récit retourne dans un premier temps en arrière. Avant de conquérir Tabor, Ravenna avait déjà usé de sa beauté pour tuer un roi et prendre possession de son royaume. À ce moment, sa sœur Freya vit avec elle et, lors des funérailles, la nouvelle reine remarque que sa cadette sourit à un homme, le Duc de Blackwood. Elle tente alors de briser leur relation, disant à Freya que comme le Duc est promis à une autre, il la quittera ainsi que l’enfant qu’elle porte. Freya refuse d’y croire jusqu’au jour où elle voit le berceau de sa fille en flammes et le Duc tenir la torche ayant commis l’infanticide. Le chagrin est si fort que ses pouvoirs se révèlent et elle devient alors la Reine des Glaces. Elle quitte le royaume de Ravenna pour aller fonder le sien dans une autre contrée et conquière les terres grâce à ses chasseurs. Deux d’entre eux, Sara (Jessica Chastain) et Eric (Chris Hemsworth), tomberont amoureux, ce qui est interdit…

HuntsmanIl semblerait que mettre des femmes au centre des intrigues soit la nouvelle tendance hollywoodienne. Ici, il y en a pour tous les goûts et elles sont toutes fortes et intelligentes, mais aussi manipulatrices et sournoises, comme le personnage de Ravenna. On retrouve avec elle l’idée de la femme fatale, continuité du film noir : elle séduit les hommes par sa beauté mais ils ne seront pas ceux qui la puniront contrairement au genre cité ; en effet, la caractéristique de cette femme fatale est qu’elle remporte toujours la victoire avec les hommes. Froide à l’amour masculin, n’aspirant pas à devenir mère et épouse, elle les piège comme on le voit au début du film lorsqu’elle dit au roi « vous avez cru que tout cela n’était qu’un jeu » lorsqu’elle le tue lors de leur partie d’échecs.

Si la méchante reine n’est pas votre tasse de thé, Freya a des raisons de devenir la Reine des Glaces. Opposée à sa sœur, désirant un partenaire, une vie de couple et un enfant, elle perd tout ce qu’elle désire le jour où son grand amour tue leur fille. Ainsi, les pouvoirs qu’elle acquière et le nom qu’on lui affuble ne sont pas un hasard : elle ne croit plus en l’amour ni en la famille et décide d’imposer sa vision des choses aux enfants des contrées voisines, leur interdisant d’éprouver des sentiments et de croire que cela existe. L’amour étant pour elle une illusion, elle pense les protéger. Le narrateur le dit lui-même : ne pouvant élever un enfant, elle élève une armée qui, au passage, est composée de garçons et de filles, l’idée de la femme forte et indépendante se trouvant ici à nouveau renforcée. Freya correspond aussi à une nouvelle pratique hollywoodienne : le méchant a une histoire qui explique pourquoi il est méchant. En effet, contrairement à sa sœur qui n’a pas réellement un fond venant justifier sa personnalité – à part rester jeune et belle jusqu’à la fin des temps –, elle a des raisons d’être la Reine des Glaces, comme évoqué ci-dessus.

Si l’empathie n’est pas faite pour vous, il vous reste encore le choix de Sara. Enlevée petite par les gardes de Freya pour devenir chasseuse, elle devient une jeune femme déterminée, combative et sûre d’elle. Seulement, elle commet l’impardonnable avec Eric, également chasseur : tomber amoureux. En effet, dans ce genre de récit, il faut toujours une histoire d’amour pour qu’un combat soit mené contre les méchants. Pourtant, Le chasseur et la reine des glaces fait passer beaucoup de messages négatifs à ce propos par l’intermédiaire de Freya et de Sara : le grand amour est faux, l’amour est une faiblesse, l’amour aboutit toujours à la trahison, le cœur est traître et l’amour est seulement un conte de fée… Mais ceci est rattrapé par d’autres messages positifs : d’une part, l’idée de l’homme fidèle représentée par Eric, qui est tellement amoureux de Sara qu’il reste seul, même lorsqu’ils se retrouvent séparés pendant 7 ans et, d’autre part, les nains qui, les accompagnant dans leur périple, tombent amoureux mais de manière comique, ajoutant de l’humour à l’histoire.

Enfin, si aucun des personnages féminins ne vous correspond, il reste Eric, chasseur reconnu de tous, accompagné de deux nains sympathiques et drôles. Bref, un choix large de personnages qui ont tous quelque chose à offrir et qui sont intéressants, bien que Sara et Eric soient quelquefois le couple cliché des héros amoureux et bons, combattant pour ce qui est juste et menant la quête ensemble, envers et contre tout.

Huntsman 2Le film pose d’ailleurs question : pourquoi les méchants doivent-ils toujours perdre ? Peut-être simplement parce que le happy end est la signature hollywoodienne. Néanmoins, on remarque que la mise en valeur des deux méchantes reines est quelque peu mise de côté par la suite de l’histoire et même brisée. Le personnage de Freya est présenté comme fou : traumatisée par la mort de son enfant, elle vit dans le passé et se fait piéger par sa sœur qui, elle, agit toujours dans son intérêt personnel. Il était donc décevant de voir que le scénario ne sauve même pas l’amour entre deux sœurs et on peut même penser à une morale. En effet, les deux femmes sont punies pour tout ce qu’elles ont fait. Cependant, il est quelque peu lassant de toujours savoir comment ce genre d’histoire va se terminer : il est évident qu’Eric et Sara remporteront la guerre puisque l’amour triomphe toujours de tout. Un dernier élément à noter est que les décors se veulent aussi beaux, naturels et enchantés que dans le premier volet, essentiellement concentrés sur les bois, et que les costumes sont superbes et élaborés parce qu’en rapport avec les personnages : la traîne de la robe de Freya est faite de cristaux et le col de celle de Ravenna est fait de plumes pour rappeler – en plus de son prénom – qu’elle est liée au corbeau.

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