C’est l’histoire d’Eilis, une jeune irlandaise qui décide de tenter le rêve américain dans les années 1950. Alors qu’elle pense que plus rien ne la retient dans son pays natal, les événements font qu’elle va devoir choisir entre deux pays et deux hommes. Deux vies, en somme. Une morale se dessinant entre exil, amour et choix. L’écho du passé, les circonstances du présent et la volonté d’un avenir qui se mêlent et aboutissent à Brooklyn.

Tout d’abord, le personnage principal du film est une jeune femme évoluant dans les années 1950. Une époque où la seconde guerre mondiale vient de se terminer et où la femme est encore rangée dans la catégorie « femme au foyer ». Les valeurs traditionnelles sont encore bien ancrées et, à aucun moment, le film ne s’attarde sur le contexte de l’histoire. Effectivement, il n’aborde pas les mouvements contestataires s’élevant en cette période. Non pas que je le déplore car, si j’aborde cet aspect du film, c’est plutôt pour parler du fait que ce long-métrage a été produit par deux femmes : Finola Dwyer et Amanda Posey.

“There’s never been an immigration story from a female’s perspective, where she hasn’t been diseased, or had to prostitute herself, or been very vulnerable in some way,” dit Dwyer.

(Source : www.theguardian.com)

Dans une industrie qui est toujours aussi dominée par les hommes, que ce soit au Royaume-Uni ou à Hollywood, Dwyer et Posey reconnaissent que leur production est centrée sur la volonté d’amener un nouveau point de vue au cinéma : celui de la femme. Elles veulent montrer, avec cette production, qu’il n’est pas si risqué de tenter un film où la femme apparaît comme le sujet central. Ce qu’il me semblait bon de relayer. D’ailleurs, elles aimeraient développer un spin-off (une série dérivée du film) qui s’attarderait surtout sur l’aspect politique de l’époque, autour de la pension de Brooklyn avec Mme Keogh (jouée par Julie Walters, connue pour son personnage de la mère de Ron Weasley dans la saga Harry Potter). Un projet à suivre de près, quand l’on sait que Brooklyn a déjà gagné le prix du meilleur film britannique de l’année aux BAFTA Awards 2016.

Brooklyn pensionEnsuite, parlons des rôles. Pour revenir vite dessus, le rôle principal est tenu par Saoirse Ronan jouant le personnage d’Eilis et évoluant tout au long du film, gagnant en maturité. Ceci est d’ailleurs bien montré via l’habillage et le maquillage. Son comportement change et l’actrice excelle. Elle fut même nommée aux Oscars 2016 dans la catégorie « Meilleure actrice ». Les autres rôles sont constitués par des personnages gravitant autour d’Eilis. Ainsi, Emory Cohen joue le personnage de l’italien trop mignon dont Eilis tombe amoureuse une fois qu’elle est en terre américaine. Un autre rôle important est celui de l’irlandais joué par Domhnall Gleeson (connu pour son rôle de Bill Weasley dans la saga Harry Potter), le deuxième homme qu’Eilis croise sur son chemin. Le premier est son premier amour, son amour de jeunesse. Il y a quelque chose de très hâtif dans leur relation, ils ne veulent pas vivre l’un sans l’autre et ça se comprend très bien. Concernant le second, il apparaît comme n’étant que de passage. J’ai eu du mal à croire que l’irlandais parviendrait à chambouler la relation qu’Eilis et l’italien sont arrivés à créer. En effet, Eilis se fait très hésitante de façon constante mais,  pendant tout le film, on espère que ce n’est pas au point de tout foutre en l’air avec Brooklyn.

Saoirse Ronan and Emory Cohen on the set of BROOKLYN. Photo by Kerry Brown. © 2015 Twentieth Century Fox Film Corporation All Rights ReservedPar après, j’aimerais évoquer l’atmosphère du film à travers l’époque, les costumes, les décors et la photographie encadrant le tout. Très vite, on perçoit le style des années 1950. C’est l’époque vintage et tapisserie. Jupes, robes aux imprimés fleuris. Chemises, gilets unis ou à carreaux. Aspect délavé, vieux, passé. Un univers rétro se dressant autour, l’arrondissement de Brooklyn naissant avec ses murs de briques brunes et ses grands pavés gris, ses bâtiments et maisons aux pierres grises, blanches, bleutées ou rosées. Du bois, du papier peint, du mobilier d’époque. Une âme citadine qui se construit avec les nombreux migrants et leurs rêves arrivant via Ellis Island. On respire chaque ambiance de chaque endroit : l’Irlande et son calme plat, la traversée de l’Atlantique et son air rempli d’attentes, Brooklyn et la maison de pension où réside Eilis avec toute son agitation, la plage de Coney Island bondée du bonheur et du soleil. Et pour faire ressentir l’ensemble, une photographie maniant cadrage et lumière dans tout ce décor tapissé.

Par ailleurs, une chose m’a perturbé : j’ai eu l’impression constante qu’on ne laissait pas assez de temps aux situations et aux personnages de s’installer. Un peu comme si le choix ne pouvait pas attendre, qu’il devait se faire maintenant, sinon il ne se ferait jamais. La sensation d’être bousculée alors même qu’on vient d’arriver, que ce soit à Brooklyn ou en Irlande. En revanche, j’ai particulièrement aimé les séquences de transition entre les deux endroits. En effet, le bateau permettait de respirer un peu dans ce choix de l’exil.

Brooklyn Eilis IrlandeEnfin, j’aimerais terminer sur un point. On s’imagine qu’il est facile de deviner la fin or, l’on se trompe. Des inattendus et des improbables se produisent. On s’attend à ce que telle chose ait lieu et finalement, c’en est une autre qui se passe. On se dit qu’un personnage va partir la retrouver, que ce qu’il s’est passé dans sa famille fut vraiment trop soudain. On se demande aussi d’où l’italien arrive, s’il va se passer quelque chose de décisif avec l’irlandais. C’est un film où l’on hésite beaucoup, tout comme Eilis. On a l’impression que ça pourrait nous concerner : que feriez-vous, à sa place ? La question nous est posée pendant le film, il nous est possible de peser les pour et les contre.

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